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Le sceptre et la Plume : images du prince protecteur des lettres de la Renaissance au grand siècle

Publié le 16 septembre 2010

Ecrit par Bruno Petey-Girard, professeur de Littérature française (16e-17e siècles) à l'Université Paris-Est Créteil.

Le Sceptre et la Plume
Le Sceptre et la Plume
Date(s)

le 1 août 2010

Présentation de l'éditeur
La figure du prince protecteur des Lettres est rarement interrogée. Entre Renaissance et Âge classique, les images du mécénat royal des Lettres se sont cependant constituées au gré d’une élaboration complexe qui mêle souhaits des hommes de Lettres, souhaits des souverains, évolutions des domaines politique et littéraire ; la relation des princes et des hommes de Lettres constitue le lieu central et périphérique où s’est en partie jouée l’existence des Lettres et où s’est mise en place l’une des fonctions les plus ambiguës du prince et de l’Etat moderne. 

Une première partie s’attache aux traces théoriques que cette protection a laissées : l’examen de la conception que les lettrés se font des Lettres, de l’impact des alternances des périodes de paix et de guerre, de l’importance accordée à la culture lettrée dans la formation du prince, des liens entre protection des Lettres, vertus royales et théorie du gouvernement compose ce premier volet. L’image y oscille entre certitudes intellectuelles et intérêts matériels des hommes de Lettres, goûts des princes et détours de la raison d’État ; si elle est image du prince, elle est aussi reflet du devenir des Lettres.

Une seconde section complète les lacunes de la perspective théorique et s’attache au devenir de l’image entre les règnes de François 1er et de Louis XIV. Elle rend compte des modalités d’émergence de l’image humaniste et des aléas qu’elle connaît dans l’entourage du roi-chevalier. Elle examine les conditions d’une sédimentation qui épouse à la fois les attentes des lettrés et les incertitudes de la vie politique troublée du royaume tout en répondant à la personnalité du prince régnant ; de plus en plus prestigieuse, l’image, sans jamais faire l’objet de la moindre critique, est alors aussi facilement abandonnée : on y verra la preuve de son caractère problématique pour le prince qui l’accepte sans l’exploiter mais aussi pour les lettrés qui la promeuvent ou la délaissent.

L’enquête dégage les éléments qui, au cours du premier 17e siècle, contribuent à un renversement des attentes : face à des Lettres qui ne sont plus considérées comme un fondement humaniste du corps social mais qui sont devenues illustres indépendamment de toute reconnaissance royale, l’image attachée à leur protection est devenue enviable ; c’est dans ce contexte que Louis 14 la sollicite par une stratégique générosité ; mais peut-être est-il trop tard et l’image s’estompe à la fin de son règne.

A propos de l'auteur
Bruno Petey-Girard, Professeur de Littérature française (16e-17e siècles) à l'Université Paris Est Créteil et membre de l'équipe de recherche du LIS.

Références de l'ouvrage
Librairie Droz, 2010.
638 p.
Contact :
Bruno Petey-Girard :