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Appel à communications "Articulations et frontières du littéraire et du philosophique"

Publié le 23 janvier 2019

Projet 2018-2022, « Lettres Idées Savoirs » EA 4395 LIS.

Date(s)
Le 23 janvier 2019

Le projet scientifique du LIS consiste en une réflexion sur les « Articulations et frontières des discours littéraire et philosophique », propose un objet qui est l’occasion d’une réflexion sur le sens même de ce qui fait son unité, puisque notre laboratoire est essentiellement composé de chercheurs en littérature et en philosophie.

Le projet scientifique à cinq ans s’inscrit d’abord dans la continuité méthodologique de l’ancien projet, qui avait pour thème « Approches de la souffrance », séminaire de travail pluriannuel suivi de deux colloques internationaux en 2016 et 2018 (« Représentations de la souffrance », « Souffrance : pratiques et remèdes »). Cet ensemble de travaux a permis une véritable confrontation des discours littéraire et philosophique  mais ils ne prenaient pas cette confrontation même comme objet de réflexion.

Ce fut chose faite par le travail mené au sein du séminaire doctoral, consacré à « L’hybride », organisé en cinq séances et une journée d’études de janvier à juin 2017 par les deux doctorantes (Agnès Edel-Roy et Julitte Stioui) avec Vincent Ferré : ce séminaire avait pour objectif de créer un espace de réflexion commun aux doctorants du LIS, en littérature et philosophie, d’engager un questionnement commun sur les frontières des disciplines – une problématique au centre de la constitution historique du laboratoire du LIS.    

L’enjeu principal de cette réflexion sur les frontières – mais il faudra, on l’aura compris, commencer par remettre en question ce terme de « frontières » – entre discours littéraire et philosophique est d’emblée d’éviter deux positions, voire deux postures : éviter que la philosophie regarde la littérature par en haut pour en faire précisément la philosophie, au sens du génitif objectif (philosophie de la littérature) ; mais éviter également que la littérature se pense comme l’exemplification de la philosophie (littérature de la philosophie) – deux attitudes de surplomb qui ont en commun de signifier par avance ce qu’est le littéraire et ce qu’est le philosophique. Le programme consistera plutôt à penser quel type de voisinage, et partant de cohabitation (avec ce que cela implique de vie dans les parties privatives et dans les parties communes), est possible entre philosophie et littérature : quel type de représentation on peut se faire de leurs discours, quel type de confrontation entre elles on peut opérer, et ce grâce à la richesse des sciences humaines et sociales, à l’apport desquelles les travaux du LIS sont toujours sensibles.

Le LIS reconduira le dispositif associant séminaire annuel associés à deux colloques, en 2020 et 2022, l’appel à communications étant, dès le séminaire (4 séances en 2019/2020, 5 en 2020-2021, etc.), ouvert comme précédemment aux doctorantes et doctorants.  

Rappel des séances 2018 / perspectives retenues selon les axes de recherche du LIS

 Le projet à cinq ans autour des articulations et des frontières du littéraire et du philosophique, en lien avec les discours des sciences humaines (en particulier l’Histoire), sociales et médicales, a ainsi fait, depuis un an, l’objet de travaux de préparation, sous forme de quatre interventions de membres titulaires dans le séminaire d’équipe en 2017/2018.

Le premier axe du LIS, intitulé « Idées : histoire et débats », a mis en avant (en particulier par l’intervention de Guillaume Leblanc et celle de François Dachet) la nécessité d’élaborer une théorie du « voisinage » des disciplines philosophique et littéraire, et ce dans un ménage non pas à deux, mais à trois – le troisième terme permettant cette cohabitation entre philosophie et littérature étant les sciences sociales, pour lesquelles cet axe a un intérêt tout particulier, qui a été à l’origine de la création récente d’un pôle de philosophie sociale, se donnant pour tâche une analyse critique de la société.

L’axe 2 du LIS « Poétique et rhétorique des textes » a posé le problème de l’articulation du philosophique et du littéraire à partir d’une interrogation sur les rapports entre la figure du rhéteur et celle du philosophe chez les romains – le champ philosophique et le champ rhétorique constituant, avec le monde des médecins, les trois grands pôles autour desquels s’articulait le monde romain. Une question a ainsi été formulée (par Charles Guérin, Professeur de langue et littérature latines), qui permet de dépasser l’opposition, entre les tenants d’une conception réaliste de la philosophie à Rome, et les partisans d’une conception purement esthétique et ludique de la philosophie à cette époque : cette question est celle de la réception des discours, qui n’oppose pas grossièrement une éloquence ludique à une philosophie sérieuse, mais est sensible à des degrés distincts dans la pratique d’un discours revendiquant son attachement à tel ou tel espace du monde des lettrés.

Enfin, l’axe 3 du LIS, « Échanges culturels et francophonie », entend travailler (selon les perspectives développées par Yolaine Parisot en mars 2018) la question du « passage » des frontières notamment à partir d’une réflexion sur la pratique du passing telle qu’elle est reprise et fictionalisée dans la littérature, pratique qui devient la métaphore du refus des cloisonnements culturels ou épistémologiques : l’interrogation est alors portée sur le pouvoir de la fiction, en tant qu’elle phagocyte son contraire (le factuel, la non-fiction, le documentaire), et qu’elle contribue, avec les autres savoirs, à l’utopie d’un monde différent. Ainsi, pour penser l’existence (ou le dépassement) des frontières entre philosophie et littérature faut-il, ici aussi, comme dans la perspective adoptée par l’axe 1, recourir aux sciences sociales – histoire, anthropologie, politique –, c’est-à-dire à la fois aux savoirs positifs qu’elles délivrent et à leur potentiel d’inventivité.