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Colloque international "Cultural Memory in the Early Roman Empire"

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Recherche, Culture scientifique et humanités

Colloques, Actualités scientifiques, Evènementiel

Du 8 juin 2017 au 10 juin 2017

Colloque co-organisé par Charles Guérin, enseignant-chercheur à l'UPEC et membre du LIS.

miniature Cultural Memory
Présentation
Les études littéraires portant sur la latinité, qu’elle soit républicaine, impériale, tardive ou médiévale, reposent essentiellement aujourd’hui sur une herméneutique de l’intertextualité. Cette approche a porté ses fruits et produit des résultats importants, en particulier dans le domaine de la poésie – problématique de l’allusion, influence de la poétique hellénistique, analyse des influences virgiliennes et cicéroniennes dans l’Empire et tout au long du Moyen-Âge etc. Depuis plusieurs années néanmoins, le champ des études latines semble réclamer l’introduction de nouveaux outils d’analyse, non tant pour supplanter ou effacer la problématique intertextuelle que pour la revivifier.

Le présent projet entend stimuler l’adoption d’approches méthodologiques prenant ouvertement et résolument en compte le développement récent de la recherche consacrée à la mémoire pour enrichir l’analyse littéraire des textes de la latinité.

En s’appuyant à la fois sur le concept de mémoire collective forgée par M. Halbwachs et sur celui de « lieux de mémoire » développé par P. Nora, Jan Assmann effectue une distinction entre deux modalités de la mémoire : la mémoire communicative, liée à la transmission diffuse de la mémoire dans la vie quotidienne par un vecteur essentiellement oral, et la mémoire culturelle, qui s’appuie sur des souvenirs objectivés et institutionnalisés, transférés et réincorporés de génération en génération par le biais de discours élaborés, relevant le plus souvent de la culture savante. C’est l’application directe de ces concepts à l’étude de la littérature latine que ce projet cherche à favoriser.

La mémoire communicative concerne des souvenirs personnels et souvent autobiographiques, et se caractérise par un empan chronologique court, limité généralement à trois ou quatre générations. De ce fait, elle est par nature informelle, et ne requiert aucune expertise chez ceux qui la reçoivent et la transmettent. La mémoire culturelle, à l’inverse, compose un héritage symbolique qui s’incarne dans des textes, des rituels, des monuments, des célébrations, des objets ou des écritures sacrées. Ces supports peuvent alors fonctionner comme autant de déclencheurs mémoriels propres à produire du sens en reliant le contemporain au passé. La mémoire collective nous ramène ainsi au caractère mythique des origines, cristallise l’expérience collective et confère une stabilité remarquable à une certaine lecture du passé, qu’elle réserve néanmoins au lecteur / interprète initié. À travers la littérature, la mémoire culturelle permet de construire un rapport narratif au passé qui préserve de façon institutionnalisée l’héritage symbolique auquel les individus ont recours pour affirmer non seulement leur identité individuelle, mais aussi leur appartenance au groupe. Le phénomène s’explique par le fait que l’acte de remémoration comporte une dimension normative très forte : comme l’explique Jan Assmann, « celui qui veut s’intégrer à une communauté doit suivre les règles qui régissent l’objet de la mémoire et son fonctionnement ».

L’enjeu de ce projet est donc d’insister sur le rôle de support de mémoire culturelle qui était celui de la tradition littéraire latine tout au long de son histoire, en s’interrogeant en particulier sur les six catégories fonctionnelles définies par Jan Assmann :

1- La « concrétion culturelle » (Identitätskonkretheit) définissant la relation au groupe. La mémoire culturelle préserve un savoir dont le groupe dérive une conscience de son unité et de sa particularité. L’étude littéraire porte alors sur ses manifestations objectives, qu’elles soient positives (« nous sommes ceci ») ou négatives (« nous ne sommes pas cela »).

2- La « capacité de reconstruction » (Rekonstruktivität), par laquelle une société reconstruit la mémoire de son passé en relation à son cadre de référence contemporain. Certes, la mémoire culturelle est fixe, mais chaque époque s’y réfère de façon différenciée - en se l’appropriant, en la critiquant ou en la transformant. La tradition littéraire porte les traces de ces rapports complexes.

3- La « formation » (Geformtheit), qui désigne la cristallisation du sens et du savoir collectifs comme prérequis à sa transmission institutionnalisée. Cette formation ne dépend pas que du seul médium écrit, et la littérature doit être analysée en relation avec les autres supports de formation mémorielle.

4- L’« organisation » (Organisiertheit) : par le biais d’une formalisation de la situation de transmission de la mémoire culturelle (rituels) et par la spécialisation du porteur de cette mémoire. Dans le cas des cultures écrites, et donc de la latinité, la mémoire culturelle devient rapidement dépendante d’un canon textuel, qui doit être analysé comme tel.

5- L’ « obligation » (Verbindlichkeit) : la relation à une mémoire normative engendre un système de valeurs et de différenciations qui structure la production du savoir et des symboles. Il existe des symboles centraux ou périphériques, dont l’importance dépend de leur fonction éducative ou de leur capacité à produire des règles de comportement. La tradition littéraire joue évidemment un rôle central dans ce phénomène.

6- La « réflexivité » (Reflexivität) : la mémoire culturelle est triplement réflexive :
        - elle l’est tout d’abord de façon pragmatique, puisque qu’elle fournit un outil d’interprétation de la vie courante par des maximes, des rituels, des « ethno-théories » (Bourdieu).
        - elle fournit un appareil d’explication, d’interprétation et de contrôle
        - elle reflète l’image du groupe à travers sa préoccupation pour lui-même
Là encore, la littérature s’offre comme une source privilégiée de reconstruction de ce rapport du groupe à lui-même.

> Download the english presentation [PDF - 67 Ko]

> Télécharger le programme [PDF - 573 Ko]

Organisation
- Charles Guérin, professeur de langue et littérature latines à l'UPEC et membre du LIS
- Martin Dinter, maître de conférences en langue et littérature latines au King's College London
- Marcos Martinho, professeur à l'université de de São Paulo

Lieu(x)

Université Paris-Est Créteil
Campus Centre de Créteil
61, avenue du Général de Gaulle
94000 Créteil
Métro : Créteil Université (ligne 8)
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mise à jour le 26 mai 2017

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