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Le courage de la vérité

Publié le 18 mars 2009

Retrouvez les cours ultimes de Michel Foucault dans une édition assurée par Frédéric Gros, professeur de philosophie à l'université Paris 12

Date(s)

le 18 mars 2009

Résumé de l'éditeur
Foucault, un des plus grands penseurs du 20e siècle, prononce, en 1984, ses dernières leçons au Collège de France, où il était entré en 1970.
Très affaibli au début de l'année, il ne commence ses leçons qu'au mois de février et les termine à la fin du mois de mars. Ses toutes dernières paroles publiques au Collège auront été : « Il est trop tard. Alors, merci ».  Il meurt au mois de juin de la même année.

Ce sont ces ultimes cours qui viennent de paraître au mois de janvier 2009 ("Le courage de la vérité"), dans une édition assurée par Frédéric Gros, professeur de philosophie à l'Université Paris-12, qui a retranscrit le cours d'après un enregistrement audio, l'a annoté et présenté.

Foucault propose dans ce cours une très belle interprétation de la mort de Socrate et des dernières paroles prononcées par le fondateur de la philosophie occidentale : « Ô Criton, nous devons un coq à Esculape ». Pendant très longtemps, on a interprété cette offrande ultime du philosophe au dieu de la médecine comme si le philosophe, au moment de mourir, se trouvait guéri de la maladie de la vie !

Cette interprétation très pessimiste est ici combattue et Foucault démontre que ce dont Socrate se trouve guéri, ce n'est pas de la vie, mais de la pire maladie qui soit : celle des préjugés et des erreurs, qui corrompt et détruit l'âme. La philosophie est donc une médecine de l'âme, parce qu'elle nous guérit de la maladie des faux discours. La deuxième partie du cours est consacré au « cynisme ».

Mais attention, le « cynisme » ne renvoie pas ici à un mépris des valeurs ou à un calcul froid et intéressé, comme dans notre signification moderne. C'est plutôt un courant philosophique de l'Antiquité dont les représentants (Diogène, Cratès) menaient une vie d'éternelle errance, de dénuement complet, à partir de laquelle ils se rendaient de ville en ville pour dénoncer, dans des diatribe agressives, les hypocrisies sociales, les lâchetés ordinaires, les conventions imbéciles. F

oucault dans ce dernier cours montre comment le « dire-vrai » philosophique, quand il est authentifié par une existence sans compromissions, devient une arme critique radicale.

L'auteur
Frédéric Gros est un philosophe français, spécialiste de Michel Foucault. Il est professeur de philosophie politique à l'université Paris 12.

Références de l'ouvrage
Gallimard-Le Seuil